53e Festival
22 Août - 1er septembre 2019

La Chaise-Dieu: Et Dieu dans tout ça?

Photo_2300 c’est, selon certains, le nombre de moines à l’âge d’or de l’abbaye de La Chaise-Dieu. Chiffre à prendre avec prudence, ce pourrait être, plus vraisemblablement, le chiffre de l’ensemble des moines de l’ordre et non du seul site casadéen. 8 c’est le nombre, exact celui-là, des Frères de la communauté de Saint-Jean, les « petits gris », installés au prieuré Ste Marie à deux pas de l’abbatiale.

Chassés à la révolution, les moines sont revenus à La Chaise-Dieu en 1984. Pour quelques jours encore, Frère Jean-Théophane est leur prieur. Arrivé il y a 9 ans, il est aussi curé de La Chaise-Dieu. Une double et lourde charge, à compter du 1er septembre 2017, un nouveau prieur sera nommé, Frère Jean-Théophane restera curé du village et des 10 autres paroisses du plateau.

Les festivaliers ne sont pas des envahisseurs.

Pour Frère Jean-Théophane, l’arrivée du festival est chaque année une joie. L’occasion de rencontres, une parenthèse en forme d’action de grâce: «La musique comme la vie monastique sont affaire de culture et les fruits d’une longue tradition. Il règne une véritable harmonie entre le festival et nous et surtout une réelle bonne entente avec les bénévoles. Quand il y a des problèmes, on s’ajuste, le festival comme nous. Les frères sont heureux de s’intéresser et de participer ». Il n’est d’ailleurs pas rare de voir les frères assister à certains concerts: « Ce n’est pas parce qu’on est moine qu’on n’apprécie pas la musique ». Des « mélomoines ».

Photo_3C’est aussi une des missions confiées aux moines par l’évêque du Puy-en-Velay, assurer des visites guidées de l’abbatiale. Frère Jean-Théophane s’en charge le plus souvent, 3 à 4 visites quotidiennes. Comme les visites de l’office du tourisme, elles font la part belle à l’histoire du lieu, son architecture. Mais Frère Jean-Théophane y ajoute un humour et surtout une dimension théologique qui font de ses visites des moments très courus: « Les festivaliers et les touristes ne sont pas des envahisseurs. Leurs questions lors des visites nous obligent parfois à aller plus loin, à approfondir notre propre réflexion ».

L’abbaye restaurée ne doit pas devenir un lieu d’argent.

La restauration de l’ensemble abbatial terminée, le syndicat mixte, gestionnaire des lieux, réfléchit déjà à sa mise en valeur touristique. Les frères sont aussi engagés dans cette réflexion. Si frère Jean-Théophane comprend bien la nécessité de cette valorisation, il reste vigilant: « Que les lieux soient ouverts à la visite, c’est normal et c’est la loi. Que le syndicat veuille s’assurer un retour sur investissement, normal aussi. Mais il ne faudrait pas que ce lieu fasse la part belle aux seuls marchands du temple. Il ne faut pas faire de ce lieu un lieu d’argent. Nous sommes un ordre mendiant attaché à promouvoir le message de St Robert, fondateur de l’abbaye, charité et pauvreté. Qu’il y ait des visites payantes, d’accord mais nous souhaitons garder aussi la possibilité d’assurer gratuitement nos propres visites guidées ».

Le diocèse a racheté l’ancien hôtel de la Casadei, au pied des marches de l’abbaye » pour y installer un centre pastoral. Les frères de St Jean vont avec l’association la Casadéenne et les Amis de l’abbatiale assurer la gestion de ce lieu, lieu d’exposition mais aussi d’accueil de jour qui pourrait proposer un hébergement de nuit à des pèlerins ayant une réelle démarche spirituelle. Rien n’est encore définitivement arrêté, une seule chose est sûre: « Pas question de faire de la concurrence aux hébergeurs locaux ».

Jean-Paul Vincent

(Photos Jean-Paul Vincent)


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