53e Festival
22 Août - 1er septembre 2019

La Chaise-Dieu: Sauvegarder la mémoire…

50 ans de festival ça laisse des traces. Forcément. Des traces écrites, documents administratifs et comptables, des correspondances (lettres de Cziffra), des contrats, mais aussi des photos et surtout des témoignages audiovisuels, des enregistrements de concerts. Ce trésor dort toujours dans les archives du festival attendant la bonne fée qui viendra les réveiller et les sortir des cartons.

Photo_2Si le travail d’archivage et de numérisation des documents écrits et des photos a commencé, mais il est aujourd’hui suspendu faute de moyens, il n’en va pas de même pour la partie audiovisuelle des archives, la plus précieuse, la plus fragile et la plus en danger.

Grâce au jubé…

C’est au jubé que l’on doit ce trésor. Il coupe en deux la nef de l’abbatiale, masquant, totalement ou en partie, la scène aux spectateurs placés à l’arrière. Cet inconvénient a un avantage. Pour permettre à ce public de voir la scène, le concert est filmé* et retransmis en direct sur des écrans situés derrière le jubé. Filmé et enregistré, et ce depuis le tout premier concert en 1966. Plus d’un millier de concerts sont donc aujourd’hui archivés sur des supports qui ont évolué avec la technique, film, vidéo, DVD, disque dur. Et quel concerts! Cziffra, Menuhin, Gitlis, Rampal, Nordmann, Corboz, Maazel, Krivine, Capuçon la liste est infinie…

Un travail de titan…

On imagine aisément le parti à tirer qu’il y aurait à rendre ces archives accessibles au grand public, aux chercheurs ou aux pédagogues (non seulement entendre mais voir le jeu de Rostropovitch…) Mais pour cela il faut évidemment les inventorier, les classer, les numériser, les référencer dans une banque de données qui pourrait être connectée à d’autres banques, BNF ou INA, ainsi qu’à un grand fichier national. Un travail titanesque et qui le deviendra de plus en plus au fur et à mesure qu’on laisse le temps passer.

Certains ensembles (les Arts Florissants) certains festivals (Avignon, Aix, Ambronay) ont déjà largement entamé cet archivage.

Un devoir de mémoire…

Julien Caron, directeur du festival, est convaincu de la nécessité d’un tel travail. Reste à convaincre et trouver les partenaires publics ou privés prêts à se lancer financièrement dans l’aventure. Il y a urgence pour les enregistrements les plus anciens, sur pellicule, dont la durée de vie n’est pas illimitée.

Photo_3Ce trésor ne doit pas dormir plus longtemps. Il en va de la responsabilité du festival. Il le doit à lui-même, à son histoire, au public, à la musique et aux générations futures qui pourraient lui demander des comptes s’il ne le faisait pas. La Haute-Loire et la Région ne peuvent pas d’un côté s’enorgueillir d’avoir sur son territoire une manifestation d’une telle notoriété et d’autre part laisser disparaître sa mémoire dans les oubliettes du temps.

Jean-Paul Vincent

(Photos : Bertrand Pichène)

  • Les captations et renforts sonores en nef sont assurés par GL Events, partenaire du Festival

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