53e Festival
22 Août - 1er septembre 2019

La Chaise-Dieu: Les beaux débuts de l’enfant du pays

Il fut discret, et par beaucoup inaperçu, mais c’est bien un petit événement auquel ont assisté les spectateurs de l’auditorium Cziffra ce dimanche 20 août: le premier concert « in » festival du clavecin construit en 2016 pour célébrer la 50ème édition. Aux claviers, son parrain en personne, Benjamin Alard qui l’avait inauguré en octobre dernier.

La touche auvergnate

Blog5_3Se libérer des prêts et locations extérieures, devenir plus autonome, c’est une des raisons qui a lancé le festival dans cette folle aventure, posséder et faire réaliser son propre clavecin. Restait à trouver le financement et le facteur. Julien Caron n’a pas eu à chercher longtemps ni bien loin. Séduits par le projet Xavier Omerin, président de la Fondation d’entreprise Omerin, et Pierre Omerin, président du Groupe Texprotec, deux entreprises ambertoises mécènes du festival, ont sans hésiter décidé d’honorer à parts égales les 20 000 euros de la commande.

Le facteur, lui aussi, n’était pas loin. Installé depuis 2012 à St Paulien (30 km de La Chaise-Dieu), Frédéric Bertrand a aujourd’hui acquis une renommée internationale. De janvier à octobre 2016 il réalise cet instrument d’esthétique franco-flamande à deux claviers, copie d’ancien, réalisé d’après des plans de la fin du XVIIIème siècle.

Une vie hors festival

A ce nouveau-né il fallait un parrain. Le nom de Benjamin Alard, 1er prix de grands concours internationaux et déjà invité par le festival, s’est vite imposé. C’est donc lui qui l’a inauguré en octobre 2016 et lui fait faire cette année ses premiers pas dans le cadre du festival.

A 32 ans, Benjamin Alard, titulaire du grand orgue de l’église St-Louis-en-l’Ile à Paris, ne prend pas son rôle de parrain à la légère. Très concerné par le projet, il a suivi les différentes étapes de sa construction et entend bien accompagner ses progrès et sa vie future: « ce clavecin sera pour moi l’occasion de venir enseigner ici, à La Chaise-Dieu chaque automne. Il pourrait aussi être le prétexte de concerts et d’une vie musicale hors saison. Et pourquoi pas être le premier d’un parc d’instruments qui pourrait se constituer ici… »

Un avenir prometteur

La construction d’un clavecin est un véritable événement. « Une vingtaine seulement sortent aujourd’hui de différents ateliers. Mais un ou deux seulement fabriqués, comme celui-ci, de bout en bout, pièce par pièce, par un seul facteur ». Benjamin Alard ne tarit pas d’éloges sur la qualité et la sonorité du clavecin de Frédéric Bertrand: « Il sonne très bien. Il s’est même amélioré depuis l’automne dernier. Il a pris de la bouteille. Plus il sera joué, meilleur il sera ».Blog5_2

Joué il le sera encore deux fois cette semaine. Mardi 22 (programme Telemann) et mercredi 23 août (concertos à 2 clavecins- Telemann, Bach). Rendez-vous à 17h, auditorium Cziffra, peut-être plus belle salle d’Auvergne pour la musique de chambre. De quoi faire pâlir d’envie Clermont-Ferrand. L’ex-capitale régionale se rêve déjà capitale européenne de la culture mais ne dispose même pas d’une salle de concert digne de ce nom.

Jean-Paul Vincent

Photos : Guilhem VicardBertrand Pichène


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