53e Festival
22 Août - 1er septembre 2019

« Madeleine aux pieds du Christ » 1er round : le favori l’emporte!

C’est un duel qui a ouvert la 51ème édition du festival de la Chaise-Dieu. Face à face, à ma gauche l’amour céleste, à ma droite l’amour terrestre. Au centre l’enjeu de la rencontre Madeleine, la pécheresse, la femme de mauvaise vie, le 13ème disciple du Christ qu’elle a suivi jusqu’au pied de la croix.

Composé aux alentours de 1700 cet oratorio d’Antonio Caldara est considéré comme un chef d’oeuvre du genre. En tout cas, rarement oratorio n’a si bien mérité sa définition d’opéra sacré ou opéra d’église. Tous les sentiments humains sont là, lamentations, extase, fureur, amour… et musicalement si expressifs qu’on sent souvent les interprètes au bord du geste, du jeu et de la mise en scène.

L’auditeur aussi se laisse emporter. Mais l’adhésion n’est pas immédiate. Il faut dire que les arguments avancés par les deux duellistes sont plutôt répétitifs et plus très audibles en ce début de XXIème siècle. Et en plus ça ferraille deux heures de rang. Enfin avouons-le, le suspens n’est pas torride. On sait bien qui finira par l’emporter de l’amour céleste ou de l’amour terrestre. Personne ne songerait à miser un kopeck sur le second.

Heureusement il y a la musique. Mais elle aussi met du temps à s’imposer. D’abord assez « ronronnante » c’est surtout dans la deuxième partie qu’elle finit par nous emballer. « Plus on va vers la fin, plus c’est beau », réflexion entendue au sortir de l’abbatiale. C’est vrai. La défaite de l’amour terrestre nous vaut des airs de furieuse fureur. La victoire de l’amour céleste nous vaut, elle, des airs qui le sont tout autant, célestes. Servis par des voix magnifiques.Photo Blog 3-2

Interprétation impeccable du Banquet Céleste, dirigé par Damien Guillon, même si musiciens et chanteurs semblent eux aussi avoir été davantage inspirés par la seconde partie de l’œuvre. Interprétation très homogène notamment pour les voix avec un petit plus pour les trois voix féminines. Pour celle de la contralto italienne Benedetta Mazzucato, interprète de l’amour terrestre, j’aurais bien donné la victoire au vaincu.

Jean-Paul Vincent

(Photos : Bertrand Pichène)


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