53e Festival
22 Août - 1er septembre 2019

La Chaise-Dieu 51ème: pendant les travaux la musique continue

C’est en plein chantier que s’ouvrira ce soir la 51ème édition du festival de la Chaise-Dieu. Commencée en 2010 la restauration de l’ensemble abbatial ne devrait s’achever qu’en fin d’année prochaine. C’est un des plus gros chantiers de restauration du patrimoine en France. Il y avait urgence.

Si la présence d’une communauté religieuse et de lieux de culte a d’abord convaincu les élus de ce département très catholique de voter le projet, Gérard Roche, alors président de l’assemblée départementale et initiateur du projet le reconnaît, c’est bien l’existence du festival qui a ouvert les portes des partenaires financiers. « Il suffisait dans les ministères et les collectivités de dire « festival » pour qu’aussitôt les bourses se délient ». D’abord évalué à 18 millions d’euros, le montant des travaux, supervisés par le Syndicat mixte du « Projet Chaise-Dieu » (Département 43, Agglomération du Puy-en-Velay et mairie de la Chaise-Dieu), devraient approcher aujourd’hui les 24 millions. Il faut préciser que la restauration ne concerne pas seulement l’abbatiale mais l’ensemble du périmètre de l’abbaye, soit un site de rénovation de 18 376 m2.

Aujourd’hui le cloître, la maison du cardinal, la chapelle des Pénitents, la salle Cziffra, les écuries sont achevés, des travaux qui n’ont pas été sans incidence sur le festival. Les temps forts du chantier ont laissé aux organisateurs des souvenirs cuisants. Julien Caron, son directeur, résume « Le festival a permis les travaux, puis il les a subi enfin il en profite ». Les principaux lieux de concert ont aujourd’hui retrouvé leur lustre pour le plus grand plaisir des festivaliers qui en oublient les années de gêne.

La restauration achevée, il restera à trouver un statut juridique à la manifestation, un modus vivendi entre le festival et le syndicat mixte, gestionnaire des lieux. La réflexion est en cours, le débat aussi, on le souhaite apaisé et serein…

Si le festival a donné un élan indispensable à l’embellissement de l’abbaye, celle-ci rénovée devrait, en retour, donner au festival un nouvel essor. Pour Julien Caron, « ce site restauré permettra au festival de donner une cohérence aux différents lieux de concerts, abbatiale, chapelle des Pénitents, cloître, salle Cziffra…. de les relier dans un même ensemble».

Mais nous n’en sommes pas là. La Chaise-Dieu n’en a pas fini avec pelleteuses et les échafaudages. La place Lafayette, derrière l’abbatiale, va, elle aussi, faire l’objet d’un sérieux lifting. Le sol sera pavé et les aménagements hydrauliques qui permettaient au XVIIIème siècle d’évacuer les eaux usées seront restitués. Puis viendront fin 2019 les travaux sur l’église abbatiale elle-même. Ils devraient être terminé pour le festival 2020 mais sait-on jamais?

Déjà un projet de parcours touristique organisé se dessine dans une Chaise-Dieu profondément remodelée. Les tapisseries en seront un des fleurons. Actuellement en restauration, elles seront de retour en 2018. Faire de la Chaise-Dieu un des 20 sites français retenus par les tour operators japonais ou chinois, c’est le rêve de Gérard Roche, l’actuel président de l’association culturelle de la Chaise-Dieu, organisatrice du festival.

En attendant la musique continue, le Banquet Céleste dirigé par Damien Guillon ouvrira ce vendredi soir à 21h la 51ème édition. Au programme « Madeleine aux pieds du Christ » oratorio d’Antonio Caldara (1671-1736) avec la soprano Emmanuelle de Negri. Concert retransmis en direct sur France Musique.

Jean-Paul Vincent


Ajouter un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


A voir également